Une étude récente suggère qu’EDF, le géant français de l’énergie, pourrait faire face à une perte de 5 térawattheures (TWh) par an de production nucléaire d’ici à 2050. Cette nouvelle a des implications importantes pour le pays et l’industrie de l’énergie en France.
Les raisons de la perte potentielle de production nucléaire
Les problèmes de maintenances
Plusieurs facteurs contribuent à cette potentielle perte de production nucléaire. Tout d’abord, le vieillissement des centrales nucléaires d’EDF est un problème majeur. Bon nombre de ces installations ont été construites dans les années 1980 et atteignent maintenant la fin de leur durée de vie prévue. Par conséquent, leur capacité à produire de l’énergie diminue progressivement.
La montée en puissance des énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire et éolienne, constitue un défi pour l’industrie nucléaire. Ces sources d’énergie alternatives sont de plus en plus compétitives sur le plan économique et bénéficient également d’un fort soutien de la part des gouvernements en matière de politiques énergétiques durables.
Le climat
Le risque d’indisponibilité en cas de canicule ou de sécheresse concerne principalement quelques sites nucléaires.
Les pertes de production les plus importantes liées aux températures élevées des cours d’eau ont été enregistrées en 2003.
Ces pertes représentaient 1,4% de la production nucléaire annuelle.
Les pertes entre 2003 et 2006 comprennent les effets des autorisations temporaires accordées avant la mise en place de limites en cas de conditions climatiques exceptionnelles. Certaines centrales nucléaires ont ensuite adapté leurs limites thermiques après la canicule de 2006.
Les centrales concernées par ces pertes sont celles situées en bord de rivière ou d’estuaire (Saint–Alban, Tricastin, Bugey, Blayais) ainsi que le site de Golfech (circuit fermé).
Certaines pertes de production sont dues à des contraintes de débits (étiage) plutôt qu’à des limites de prélèvements d’eau.
Elles ont principalement eu lieu entre 2017 et 2020 en raison d’étiages sévères et prolongés, principalement en automne.
Les pertes liées au débit des fleuves affectent principalement le CNPE de Chooz, qui est très sensible aux débits.
Ces pertes montrent les limitations de l’évaporation aux aéroréfrigérants pour respecter le débit minimum de la Meuse, conformément à l’accord franco-belge de 1998.
Dans l’ensemble, la situation est plutôt favorable grâce à la mise en place satisfaisante de mesures d’étiage.
Avec l’augmentation de la fréquence des étiages sévères, cela compromet le remplissage des réservoirs amont qui assurent ce soutien. Comme cela a été le cas pour les réservoirs de Vieux-Pré en amont de Cattenom ou de Vassivière en amont de Civaux en 2018 et 2019.
Le soutien d’étiage de la Loire a également été réduit pendant quelques jours en août 2019, ce qui a montré que la possibilité de défaillance des barrages de Naussac ou Villerest en période d’étiage sévère ne pouvait être exclue.

Conséquences pour EDF et la France
Si EDF perd effectivement 5 TWh par an de production nucléaire, cela pourrait avoir des répercussions significatives sur l’entreprise et le pays dans son ensemble. Tout d’abord, cela entraînerait une diminution de la part de marché d’EDF dans le secteur de l’énergie. Avec une concurrence accrue des énergies renouvelables, EDF pourrait perdre sa position dominante sur le marché français de l’électricité.
De plus, la perte de production nucléaire pourrait également conduire à une augmentation des prix de l’électricité. Étant donné que le nucléaire est généralement moins cher à produire que les ENR, une diminution de l’offre nucléaire pourrait entraîner une augmentation des coûts pour les consommateurs.
Les mesures envisagées
Pour faire face à cette situation, EDF devra prendre des mesures pour compenser la perte potentielle de production nucléaire. L’entreprise pourrait investir dans la modernisation et la prolongation de la durée de vie de ses centrales nucléaires existantes. De plus, elle pourrait également augmenter sa capacité de production d’énergie à partir de sources renouvelables, afin de maintenir sa part de marché et répondre à la demande croissante.
Le gouvernement français devra également jouer un rôle important dans cette transition énergétique. Il devrait encourager le développement des ENR en mettant en place des politiques favorables, des incitations fiscales et en soutenant la recherche et le développement dans ce domaine.
La perte potentielle de 5 TWh par an de production nucléaire d’ici à 2050 pose des défis pour EDF et la France. Pour y faire face, EDF devra moderniser ses centrales et investir dans les énergies renouvelables. Le gouvernement doit soutenir cette transition. Malgré les défis, la diversification énergétique est nécessaire pour un avenir durable.
Source : Cour des comptes