L’hydrogène vert, qu’est-ce donc ? Comment fonctionne-t-il ? Quels enjeux et perspectives offre-t-il ? Quels sont ses avantages et inconvénients ? Autant de questions que nous aborderons dans cet article. L’hydrogène vert est une source d’énergie propre qui suscite de plus en plus d’attention dans le contexte de la transition énergétique.
L’hydrogène vert c’est quoi ?
Il s’agit du premier élément chimique de la table périodique, caractérisé par le symbole H et le numéro atomique 1. Il est l’élément le plus abondant dans l’univers et se présente sous forme de gaz incolore, inodore et hautement inflammable à des conditions normales de température et de pression. L’hydrogène est l’élément le plus simple, composé d’un proton et d’un électron.
Quelles sont les formes d’hydrogène existantes ?
L’hydrogène existe sous différentes formes, on peut en relever quatre. Elles ont toutes un process différents ainsi qu’une source énergétique différentes.

- Hydrogène gris :
Comme mentionné précédemment, l’hydrogène gris est produit à partir de combustibles fossiles, principalement du gaz naturel, par vaporeformage (1) ou gazéification (2). Ce processus génère des émissions de dioxyde de carbone (CO2).
- Hydrogène bleu :
Il est également produit à partir de gaz naturel, mais il diffère de l’hydrogène gris en ce sens qu’il intègre des technologies de captage et de stockage du CO2 (CCS). Ces technologies permettent de capturer une grande partie des émissions de CO2 résultant du processus de production, réduisant ainsi son impact environnemental.
- Hydrogène turquoise :
Il est un type d’hydrogène produit à partir de la décomposition du méthane à l’aide de la pyrolyse du méthane. Cette méthode permet de capturer les émissions de CO2 générées lors de la production, de manière à le rendre plus propre que l’hydrogène gris traditionnel.
- Hydrogène vert :
Il est produit à partir de l’électrolyse de l’eau en utilisant de l’électricité d’origine renouvelable, comme le solaire, l’éolien, l’hydraulique ou la géothermie. Il est considéré comme l’option la plus respectueuse de l’environnement, car sa production n’émet pas de CO2.
Quelle différence entre hydrogène vert et gris ?
L’hydrogène vert et l’hydrogène gris représentent deux approches distinctes dans la production de cet élément chimique. L’hydrogène vert, fabriqué grâce à l’électrolyse de l’eau alimentée par des sources d’énergie renouvelable comme :
- Le soleil
- Le vent
- L’eau
En effet, sa production n’émet pas de gaz à effet de serre, contribuant ainsi à la réduction des émissions et à la transition énergétique vers une économie plus verte.
À l’inverse, l’hydrogène gris est issu de l’utilisation de combustibles fossiles, principalement le gaz naturel, engendrant des émissions de dioxyde de carbone, ce qui le rend très polluant. Cependant, il est possible d’atténuer son impact environnemental en capturant et en stockant ces émissions de CO2.
Dans ce contexte, l’hydrogène vert apparaît comme une alternative plus durable et respectueuse de l’environnement, tandis que l’hydrogène gris nécessite des mesures de réduction des émissions pour minimiser son impact sur le climat.
Comment produit-on de l’hydrogène vert ?

La production de l’hydrogène vert repose principalement sur un processus appelé électrolyse de l’eau (3). Ce processus permet de séparer l’hydrogène et l’oxygène présents dans l’eau en utilisant de l’électricité renouvelable, généralement issue de sources solaires ou éoliennes. Voici comment cela fonctionne :
Étape 1 : Collecte de l’eau ➡️ Elle est collectée, généralement sous forme d’eau distillée, pour garantir une pureté élevée.
Étape 2 : Électrolyse de l’eau ➡️ L’eau est introduite dans un électrolyseur, une unité équipée de deux électrodes (une anode et une cathode) séparées par une membrane électrolytique. Lorsque de l’électricité est appliquée aux électrodes, l’eau est dissociée en ses composants de base :
- À l’anode (+) : L’oxygène (O2) est libéré sous forme de gaz à l’anode.
- À la cathode (-) : L’hydrogène (H2) est libéré sous forme de gaz à la cathode.
Étape 3 : Collecte de l’hydrogène ➡️ L’hydrogène gazeux produit est collecté et stocké dans des réservoirs spécialement conçus.
Étape 4 : Utilisation de l’hydrogène vert ➡️ Il peut être utilisé pour alimenter diverses applications, notamment :
- Les véhicules à hydrogène
- Les usines chimiques
- Les installations de stockage d’énergie
Les enjeux et les perspectives de l’hydrogène vert
L’hydrogène vert représente une solution prometteuse pour de nombreux défis énergétiques mondiaux, mais il est également confronté à divers enjeux. Comprendre ces aspects est essentiel pour évaluer son rôle dans la transition énergétique.
Réduction des émissions de CO2
L’un des principaux enjeux de notre époque est la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2) pour lutter contre le changement climatique. Cette source d’énergie se présente comme un acteur clé dans cette quête. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande en hydrogène propre pourrait augmenter de 6 à 18 fois d’ici 2050, contribuant ainsi à la réduction des émissions de CO2 de 6 gigatonnes par an.
Intégration des énergies renouvelables
Il peut jouer un rôle crucial dans l’intégration des énergies renouvelables intermittentes, telles que l’énergie solaire et éolienne, dans le réseau électrique. Il peut stocker l’énergie excédentaire produite lorsque la demande est faible et la restituer lorsque la demande est élevée. Cela contribue à stabiliser le réseau et à réduire le gaspillage d’énergie. L’Allemagne, par exemple, vise à produire 5 gigawatts d’hydrogène vert d’ici 2030 pour soutenir son système électrique.
Décarbonisation de l’industrie et des transports
L’un des plus grands enjeux est de décarboniser des secteurs difficiles à électrifier, tels que l’industrie et les transports, responsables de la majeure partie des émissions de CO2. L’hydrogène vert possède plusieurs utilisations comme :
- Carburant propre pour les véhicules à hydrogène
- Matière première pour la production de produits chimiques, d’acier, et d’autres matériaux
L’Union européenne prévoit d’investir massivement dans des projets d’hydrogène vert pour réduire de 24 % les émissions industrielles d’ici 2030.
Création d’emplois et croissance économique
Le développement de l’hydrogène vert peut stimuler la création d’emplois et la croissance économique. Selon une étude de l’Hydrogen Council, d’ici 2030, l’hydrogène pourrait générer 30 millions d’emplois directs et indirects dans le monde, tout en contribuant à une économie de 2,5 billions de dollars par an.
Cependant, des défis persistent, notamment :
- Le coût de production de l’hydrogène vert doit continuer à baisser pour le rendre compétitif par rapport aux énergies fossiles.
- Les infrastructures de stockage, de transport et de distribution de l’hydrogène doivent être développées à grande échelle.
- La sécurité liée à la manipulation de l’hydrogène doit être prise en compte.
Les actions de l’hydrogène vert
La fabrication hydrogène en France comme partout ailleurs possède des actions qui ont un impact positif ou négatif selon certains points. Cet ensemble de points permet d’évaluer la viabilité de l’hydrogène en tant que source d’énergie propre.
Les avantages ➕
- Zéro émissions de CO2 : Il est produit en utilisant des ENR, ce qui veut dire qu’il génère 0 émission de CO2 lors de sa production. Cela en fait une solution attractive pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique.
- Polyvalence : Il peut être utilisé dans une variété d’applications. Cette polyvalence lui permet de jouer un rôle essentiel dans la décarbonisation.
- Stockage efficace : Il peut servir de moyen de stockage efficace pour l’énergie. Cela aide à équilibrer le réseau électrique et à réduire le gaspillage d’énergie.
- Réduction de la dépendance aux énergies fossiles : En utilisant de l’hydrogène vert comme source d’énergie, on réduit la dépendance aux combustibles fossiles, contribuant ainsi à la sécurité énergétique et à la diversification des sources d’énergie.
Les inconvénients ➖
- Coûts élevés de production : La production d’hydrogène vert est encore relativement coûteuse par rapport à d’autres sources d’énergie. Selon l’AIE, le coût de production de l’hydrogène vert est actuellement d’environ 3 à 7 dollars par kilogramme, ce qui le rend plus cher que l’hydrogène produit à partir de combustibles fossiles.
- Besoins importants en énergie : L’électrolyse de l’eau, qui est le principal processus de production de l’hydrogène vert, nécessite une quantité significative d’électricité. Pour produire de grandes quantités d’hydrogène vert, il faut avoir accès à des sources d’énergie renouvelable abondantes.
- Infrastructures à développer : Pour une adoption à grande échelle, il faudra investir massivement dans le développement des infrastructures de production, de transport et de stockage de l’hydrogène vert.
- Sécurité : L’hydrogène étant hautement inflammable, sa manipulation et son stockage nécessitent des précautions de sécurité rigoureuses. Bien que des normes strictes soient en place, la sécurité reste un sujet de préoccupation.
Malgré ces inconvénients, cette source d’énergie continue de susciter un intérêt considérable en raison de ses avantages potentiels pour la décarbonisation de l’économie mondiale. À mesure que les technologies s’améliorent et que les coûts diminuent, il est probable que l’hydrogène vert jouera un rôle de plus en plus important dans la transition énergétique.
L’hydrogène vert est une solution d’avenir pour lutter contre le changement climatique. Il est propre, polyvalent, mais aussi challengeant à produire et à utiliser. Les efforts continus dans la recherche et le développement sont cruciaux pour maximiser ses avantages et minimiser ses inconvénients. Avec l’engagement d’entreprises et d’institutions, l’hydrogène vert peut jouer un rôle majeur dans notre transition vers un avenir énergétique durable.
Teréga / YouMatter / IFP énergies nouvelles / Global Shift
(1) Vaporeformage : est un processus chimique où l’on chauffe du gaz naturel pour en extraire de l’hydrogène.
(2) Gazéification : est un processus où l’on chauffe un matériau solide, liquide ou gazeux pour le transformer en un gaz, généralement composé de monoxyde de carbone (CO) et d’hydrogène (H2), appelé gaz de synthèse.
(3) Électrolyse de l’eau : c’est quand on utilise de l’électricité pour séparer l’eau en deux parties : de l’hydrogène et de l’oxygène. Cela se passe grâce à des machines spéciales appelées électrolyseurs.