C’est officiel, EDF lance une campagne d’essais pour l’EPR de Flamanville avant son démarrage en 2024. La construction de cet EPR a débuté en 2007, mais sa mise en service a été retardée de 12 ans suite à un enchaînement de problèmes.
La centrale de Flamanville
L’EPR(1) de Flamanville est un projet initié à la fin des années 1980 avec l’ambition l’amélioration de la sûreté et la protection des travailleurs contre les rayonnements. Son objectif principal ? La prise en compte dès la conception du risque d’accident avec fusion du cœur du réacteur.
La centrale nucléaire de Flamanville est une centrale qui comprend trois réacteurs :
- Flamanville 1 et 2 qui sont deux réacteurs à eau pressurisée de génération 2 qui sont en service depuis 1986/1987
- Flamanville 3 est un réacteur à eau pressurisée de génération 3+ de type EPR
L’EPR 3 de Flamanville

Le réacteur 3 de Flamanville représente une évolution majeure du REP, lorsque ce réacteur sera en service, il sera le plus puissant de France avec une production de 1650 MWe(2) en sortie d’alternateur. Il doit fonctionner 60 ans au minimum.
Un retard de 12 ans
Il faut rappeler que l’EPR de Flamanville a vu ses coûts et son calendrier sans cesse déraper depuis sa construction en 2007. En décembre 2022, un nouveau retard de six mois avait été annoncé par EDF, ce qui fait un total de 12 ans de retard pour ce réacteur. On estime le chantier de cet EPR à 13.2 milliards d’euros, soit quatre fois le budget initial de 3.3 milliards d’euros.
L’Autorité de sûreté nucléaire a annoncé le 15 septembre avoir clôturé la consultation publique qu’elle avait commencée le 05 juin sur la demande d’autorisation de mise en service. Actuellement l’ASN analyse les commentaires recueillis au cours de cette consultation. Elle publiera par la suite une synthèse des contributions sur ce réacteur.
Une mise en service complète pour l’EPR de Flamanville ?
L’ASN devra considérer ses commentaires dans le cadre de la finalisation de la demande d’autorisation de mise en service. Ce qui veut dire qu’elle validera la mise en service uniquement si les essais d’EDF seront concluant.
“Les dernières justifications concernant la sûreté de l’installation auront été apportées et que l’exploitant sera prêt à engager les opérations de démarrage” a précisé l’ASN. Elle rajoute que l’autorisation est nécessaire pour le changement du combustible dans le réacteur.
L’EPR de Flamanville incarne un projet nucléaire complexe et coûteux, marqué par des retards significatifs et des défis budgétaires majeurs. L’ASN joue un rôle crucial en veillant à la sûreté de cette centrale, conditionnant la mise en service à la réussite des essais d’EDF. Avec une puissance de 1650 MWe en perspective et une durée de fonctionnement de 60 ans, l’EPR de Flamanville représente un enjeu majeur pour l’avenir énergétique de la France.
ASN – EDF – Les Echos – SudOuest
(1) EPR : European pressurized Reactor ou réacteur pressurisé européen
(2) MWe : méga watt électrique